Brookfield Asset Management BAM TSX

 

Cameron Louis Cisse  · Analyste en investissement Montréal, Québec

Montréal, le 25 mars 2026

À mes investisseurs,

Objet : Prise de position sur Brookfield Asset Management (TSX / NYSE : BAM) — Thèse d'investissement complète


Je vous transmets cette note pour vous informer de ma décision d'initier une position sur Brookfield Asset Management (BAM), cotée à la fois sur le TSX et le NYSE. Conformément à ma philosophie de gestion — investissement à long terme, analyse fondamentale rigoureuse, discipline dans l'allocation du capital — je vous présente ici l'intégralité de mon raisonnement, mes calculs, et les risques que j'identifie.

Cette note inclut l'analyse de l'acquisition annoncée ce matin même, le 25 mars 2026, de Boralex Inc. par Brookfield en partenariat avec La Caisse de dépôt et placement du Québec — une transaction qui renforce directement ma thèse.


I. CE QU'EST BAM

Brookfield Asset Management est l'un des plus grands gestionnaires d'actifs alternatifs au monde, fondé en 1899, avec plus de 1 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le modèle est simple : BAM lève du capital auprès des plus grands fonds de pension et fonds souverains mondiaux (CalPERS, CPPIB, fonds souverain du Koweït…), le déploie dans des actifs réels, et perçoit des frais annuels d'environ 1,3 % du capital géré — indépendamment des marchés boursiers. Elle ne détient pas ces actifs dans son propre bilan. Ses clients les détiennent. BAM est capital léger par nature.

Les revenus proviennent de trois sources : (1) les frais de gestion récurrents et contractuels sur 10-15 ans — source principale et prévisible ; (2) le carried interest — 20 % des profits au-dessus d'un seuil minimal, encaissé à la sortie des fonds, variable mais à upside illimité ; (3) les frais de transaction sur les acquisitions, complémentaires.

BAM opère à travers cinq stratégies : le crédit via Oaktree (~210 G$ de capital géré, 35 % du total, segment le plus en croissance), l'infrastructure (~180 G),les renouvelables et la transition( 120G), les renouvelables et la transition (~120 G ), l'immobilier (~60 G)et le private equity( 33G) et le private equity (~33 G ).

Un chiffre à retenir : BAM dispose de 115 milliards de dollars de capital engagé mais non encore déployé. Ce capital générera automatiquement 630 millions de dollars de frais supplémentaires par an une fois investi — sans qu'il soit nécessaire de lever un seul dollar de plus. C'est un pipeline de revenus déjà contractualisé.


II. LES CHIFFRES — SOURCES OFFICIELLES SEC

La métrique pertinente est le Fee-Related Earnings (FRE) : les revenus de frais moins les coûts directs. Le bénéfice GAAP est distordu par des éléments non-cash.

Évolution du FRE annuel (source : 10-K BAM et communiqués 8-K officiels SEC) :

  • 2022 : 2 108 M$ USD — +33 %
  • 2023 : 2 241 M$ USD — +6 %
  • 2024 : 2 456 M$ USD — +10 %
  • 2025 : 2 995 M$ USD — +22 % (marge FRE : 58-61 %)
  • 2026E : ~3 600-3 900 M$ — +20-30 % estimé

Calcul P/FRE exact au 25 mars 2026 (données officielles 10-K, 23 février 2026) :

  • Actions Class A en circulation : 1 638 147 590
  • Cours TSX : ~60,30 $ CAD
  • Market Cap : 98,78 G$ CAD
  • FRE 2025 officiel : 2 995 M$ USD → 2,586 $ CAD par action
  • P/FRE trailing 2025 : 23,3 à 23,5x

III. LE PARADOXE CENTRAL

Depuis septembre 2024, le cours du titre est resté flat à ~60 $ CAD. Pendant ce temps, le FRE a progressé de +34 %, le capital porteur de frais de +32 %, et le dividende de +32 %. Le marché payait 31x le FRE en septembre 2024. Il ne paie plus que 23,5x aujourd'hui — pour une entreprise fondamentalement plus forte. L'investisseur qui entre aujourd'hui achète la même qualité avec 27 % de décote sur le multiple, et un dividende de 4,7 % qui s'améliore chaque année.


IV. ACQUISITION BORALEX — 25 MARS 2026

Ce matin, Brookfield Asset Management et La Caisse de dépôt et placement du Québec ont annoncé l'acquisition de Boralex Inc. à 37,25 $ CAD par action en espèces, soit une prime de 31,8 % sur le cours du 20 mars et de 36,4 % sur la moyenne pondérée des 30 derniers jours. La transaction implique une valeur d'entreprise de 9,0 G$ CAD (9,7 G$ combiné), soit 13x l'EBITDA 2026 estimé. Brookfield détiendra 70 %, La Caisse 30 % (doublant sa mise depuis 15 %). Clôture prévue au T4 2026.

Boralex apporte 3 800 mégawatts d'actifs éoliens, solaires, hydro et de stockage, contractés à plus de 90 % sur une durée moyenne de 10 ans au Canada, en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni. À cela s'ajoutent 1 600 MW en développement avancé et 5 600 MW en développement précoce.

Pourquoi cette transaction renforce ma thèse :

Premièrement, c'est un achat contracyclique discipliné. Boralex cotait 55 $ en 2021 et était tombée sous 27 $. BAM paie 37,25 $ à bas de cycle, à 13x EBITDA — pas de surpaiement.

Deuxièmement, c'est directement connecté au programme IA. BAM construit un programme d'infrastructure IA de 100 G$ avec Nvidia et le fonds souverain du Koweït. L'IA a besoin d'électricité propre. Boralex fournit 3 800 MW contractés plus un pipeline de 7 200 MW — exactement le carburant requis pour les data centers que Brookfield construit.

Troisièmement, l'impact FRE est immédiat pour l'actionnaire de BAM. Ce n'est pas le bilan de BAM qui finance l'acquisition — c'est le capital des LP dans les fonds infrastructure. En échange, BAM perçoit environ 1,3 % × 9 G$ = 117 M$ USD de frais de gestion supplémentaires par an.

Quatrièmement, La Caisse — l'un des plus grands investisseurs institutionnels mondiaux — double sa mise. C'est un signal de confiance institutionnel fort.


V. LE MANAGEMENT

Connor Teskey, 38 ans, est CEO depuis février 2026. Arrivé en 2012, Président depuis 2022, il gérait opérationnellement tout depuis cette date. Bruce Flatt a lui-même déclaré qu'il n'y a « aucune vraie transition ». La transaction Boralex d'aujourd'hui illustre directement la clarté de vision de Teskey.

Bruce Flatt, fondateur de l'ère moderne, reste Président du C.A. et CEO de Brookfield Corporation. 24 ans de direction qui ont transformé une PME canadienne en deuxième gestionnaire d'actifs alternatifs mondial.

Sur les rachats d'actions : en 2024, BAM n'avait racheté aucune de ses propres actions. En 2025, elle a racheté 6 548 561 actions à un prix moyen de 54,14 $ USD. Le titre est aujourd'hui à 42,90 $ — soit 21 % sous leur propre prix de rachat. Si la direction était disciplinée à 54 $, elle doit être encore plus agressive à 43 $. Un programme de 36,9 millions d'actions est actif jusqu'en janvier 2027.


VI. RISQUES — EN TOUTE TRANSPARENCE

Les taux directeurs durablement élevés constituent le principal risque fondamental : si les LP réduisent leurs allocations aux actifs illiquides, la collecte future ralentit. La crise du crédit privé (KKR, Apollo font face à des rachats massifs) pèse sur le sentiment sectoriel, même si BAM est moins exposée. Les tarifs Trump pourraient comprimer les multiples à court terme sans toucher le FRE contractuel. Le carried interest non encaissé (milliards au bilan) se matérialisera plus lentement en cas de stress prolongé.


VII. VALEUR INTRINSÈQUE ET VERDICT

Fourchette de valeur estimée :

  • Scénario bear (20x FRE réel 2025) : ~52 $ CAD
  • Scénario base (25x FRE forward Q4 annualisé) : ~74 $ CAD
  • Scénario base+ avec Oaktree consolidé (25x FRE 2026E) : ~83 $ CAD
  • Scénario bull (28x FRE 2026E optimiste) : ~101 $ CAD
  • Cours actuel : ~60 $ CAD (23,5x P/FRE trailing)

Verdict : À juste valeur, avec catalyseurs imminents. Je prends position en DCA progressif.

Cinq raisons :

  1. Zéro rendement prix pour +34 % de FRE depuis 18 mois. Anomalie classique en value investing.
  2. Le management rachète à 54 $ ce qu'il peut avoir à 43 $. Plancher implicite établi par la direction elle-même.
  3. Trois catalyseurs concrets et datés : Boralex aujourd'hui, Oaktree 100 % au H1 2026, fonds IA premier close H1 2026. Chacun fait monter mécaniquement le FRE.
  4. 115 G$ de dry powder = 630 M$ de frais dormants, déjà contractualisés, qui s'activeront sans nouvelle levée.
  5. Dividende de 4,7 % en hausse de 15 % par an. Vous êtes payés pour attendre, et ce dividende est couvert à 93 % par les flux de trésorerie réels.

Dans le scénario base avec Oaktree consolidé, BAM vaut ~83 $ CAD — soit +38 % par rapport au cours actuel, auxquels s'ajoutent ~2,00 $ CAD de dividendes annuels. Rendement total potentiel sur 24 mois : +45 à +55 %.

Zone d'achat idéale si le marché offre une meilleure entrée : 52-57 $ CAD (18-20x FRE). En cas de correction liée aux tarifs Trump en avril 2026, je renforcerai la position.


Cordialement,

Cameron Louis Cissé Gestionnaire de portefeuille · Analyste en investissement Montréal, Québec · 25 mars 2026


Ce document est confidentiel et réservé aux investisseurs de Cameron Louis Cissé. Il est produit à des fins d'information et de transparence dans la gestion du capital confié. Il ne constitue pas une offre publique de titres ni un conseil en investissement au sens réglementaire. Les données financières proviennent des rapports officiels déposés sur la SEC (10-K 2025, communiqués 8-K) et de sources publiques vérifiées. La performance passée ne garantit pas la performance future. Cameron Louis Cissé détient une position personnelle sur BAM.